- i24NEWS
- International
- Les États-Unis sceptiques quant à un changement de régime en Iran après la mort de Khamenei
Les États-Unis sceptiques quant à un changement de régime en Iran après la mort de Khamenei
Certains responsables américains estiment que l’opposition iranienne, affaiblie et fragmentée, n’est pas en mesure de faire tomber à court terme le régime


Au lendemain de l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors d’une opération militaire américano-israélienne samedi, de nombreux hauts responsables américains se montrent sceptiques quant à la possibilité d’un changement de régime rapide à Téhéran, selon plusieurs sources proches des services de renseignement.
Avant et après le déclenchement de l’offensive, le président américain Donald Trump avait laissé entendre que le renversement du système théocratique iranien figurait parmi les objectifs de Washington, aux côtés de la neutralisation des programmes balistique et nucléaire de la République islamique. Dans une vidéo publiée dimanche sur Truth Social, il a appelé les "patriotes iraniens épris de liberté" à "saisir ce moment" pour reprendre leur pays.
Mais, en coulisses, les évaluations sont beaucoup plus prudentes. Trois responsables américains familiers des analyses du renseignement estiment que l’opposition iranienne, affaiblie et fragmentée, n’est pas en mesure de faire tomber à court terme le régime en place depuis 1979. Si aucun scénario n’est totalement exclu, la chute imminente du pouvoir paraît peu probable, malgré les pertes subies par l’appareil dirigeant sous les frappes en cours et l’impopularité du régime, exacerbée par la répression particulièrement violente des manifestations de janvier.
Des analyses de la CIA présentées à la Maison-Blanche avant l’attaque auraient conclu qu’en cas de disparition de Khamenei, il serait vraisemblablement remplacé par des figures tout aussi radicales issues des Gardiens de la Révolution (CGR) ou par des religieux conservateurs. Les responsables du CGRI, qui bénéficient d’un vaste réseau d’intérêts et de fidélités internes, auraient peu d’incitation à capituler volontairement.
Un autre rapport du renseignement soulignait par ailleurs l’absence de défections au sein des Gardiens de la Révolution lors des récentes protestations massives? un élément considéré par plusieurs sources comme une condition préalable à toute révolution réussie.
Dimanche, le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé la mise en place d’un conseil de direction provisoire, composé notamment du chef du pouvoir judiciaire et d’un membre du Conseil des gardiens, pour assumer temporairement les fonctions du guide suprême. Dans le même temps, le chef du conseil de sécurité Ali Larijani a accusé Washington et Israël de chercher à déstabiliser et morceler l’Iran, mettant en garde les groupes séparatistes contre toute tentative d’action.
Les débats à Washington ne portent pas seulement sur la survie du régime, mais aussi sur l’impact de la mort de Khamenei sur les négociations nucléaires et sur la capacité de l’Iran à reconstruire ses infrastructures militaires. Malgré sa rhétorique offensive, Donald Trump a indiqué dimanche vouloir rouvrir des canaux de communication avec Téhéran, un signal que la Maison-Blanche n’anticipe pas, du moins à court terme, l’effondrement du pouvoir en place.