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Iran : le représentant des Juifs au Parlement critique ouvertement le président
"Il avait promis d’améliorer la situation. Le gouvernement doit respecter ses engagements", a-t-il déclaré, soulignant que l’aggravation des difficultés économiques alimente la frustration populaire


Une prise de parole rare et particulièrement sévère a secoué la scène politique iranienne. Homayoun Sameh, représentant de la communauté juive au Parlement iranien, a publiquement mis en cause le président Massoud Pezeshkian, lui imputant une responsabilité directe dans la détérioration de la situation intérieure et dans la colère croissante de la population.
Dans un entretien accordé aux médias locaux, le député, également membre de la commission parlementaire de la Santé, a reconnu avoir soutenu et voté pour le président Pezeshkian, avant d’exprimer sa déception. Selon lui, la vague actuelle de protestations trouve son origine principale dans la pression économique étouffante subie par les Iraniens. "Le président avait promis d’améliorer la situation. Le gouvernement doit respecter ses engagements", a-t-il déclaré, soulignant que l’aggravation quotidienne des difficultés économiques alimente la frustration populaire.
Homayoun Sameh a mis en garde les autorités contre les conséquences d’une colère incontrôlée. Tout en rappelant que la protestation constitue un droit légitime, il a estimé qu’un climat de tension extrême pouvait conduire à des dérives graves pour le pays. "Mettre les gens en colère mène à de mauvaises choses", a-t-il averti.
Interrogé sur les informations faisant état d’interventions des forces de sécurité dans des hôpitaux et d’exécutions de blessés, le député a adopté un ton critique mais mesuré. Il a affirmé qu’un hôpital devait rester un lieu exclusivement dédié aux soins et qu’aucune autorité n’avait le droit de s’y livrer à des violences. Concernant le nombre de morts, il a reconnu ne pas disposer de chiffres précis, tout en déplorant la poursuite des violences : "Ce sont tous des enfants de l’Iran et de cette société", a-t-il souligné.
Appelant à un changement de stratégie face aux manifestants, Homayoun Sameh a plaidé pour une approche apaisante plutôt que répressive. Comparant la situation à celle d’un enfant en colère, il a estimé que seule une réponse fondée sur l’écoute et le soutien permettrait de briser durablement le cycle de la violence, au-delà de solutions sécuritaires de court terme.
S’il n’a pas hésité à critiquer le chef de l’exécutif, le représentant de la communauté juive s’est toutefois montré plus prudent lorsqu’il a été interrogé sur des sujets sensibles, comme la coupure généralisée d’Internet. Il a renvoyé la responsabilité de cette décision au Conseil suprême de la sécurité nationale, évitant toute attaque frontale contre les appareils sécuritaires.
Les déclarations de Homayoun Sameh sont d’autant plus remarquables que les représentants des minorités au Parlement iranien s’alignent généralement sur la position officielle du régime. Les critiques directes visant le président et l’attribution explicite de responsabilités politiques dans la violence en cours constituent une exception notable dans le paysage politique iranien.