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L'Iran se dit prêt à un gel du nucléaire pour éviter une confrontation avec les États-Unis
La Turquie, l’Égypte, Oman et l’Irak auraient transmis des messages entre Washington et Téhéran, dans l’espoir de prévenir un affrontement


Face à la montée des tensions avec les États-Unis, l’Iran aurait fait savoir qu’il est prêt à suspendre, voire à arrêter, son programme nucléaire afin d’éviter une escalade militaire. Selon des informations révélées par le New York Times, cette proposition aurait été transmise dans le cadre d’échanges indirects menés ces dernières semaines par des intermédiaires régionaux.
Ces discussions de coulisses visent à désamorcer une crise qui s’est intensifiée après les avertissements répétés de Donald Trump, lequel a menacé de recourir à la force si Téhéran refusait de se plier aux exigences américaines. Le président américain a récemment annoncé l’envoi d’une "armada" vers la région, tout en affirmant que des négociations restaient en cours. "Nous avons des navires en route vers l’Iran, de gros navires, et des discussions sont en cours. Nous verrons comment cela se termine", a-t-il déclaré lundi.
Dans ce contexte tendu, plusieurs pays jouent un rôle de médiation. Des émissaires de la Turquie, de l’Égypte, d’Oman et de l’Irak auraient ainsi transmis des messages entre Washington et Téhéran, dans l’espoir de prévenir un affrontement, à l’approche d’une rencontre prévue vendredi entre représentants américains et iraniens.
Toujours selon le New York Times, un signal supplémentaire est venu récemment d’une rencontre entre Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et le président russe Vladimir Poutine. Téhéran aurait évoqué la possibilité de transférer à nouveau de l’uranium enrichi vers la Russie, comme cela avait été prévu dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a confirmé que ce sujet figurait "depuis longtemps à l’agenda".
Sur la scène régionale, les appels à la retenue se multiplient. À Dubaï, lors du World Governments Summit (Sommet mondial des gouvernements), Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a exhorté l’Iran à conclure un accord avec Washington. Estimant que le Moyen-Orient a déjà connu trop de confrontations "calamiteuses", il a plaidé pour des négociations directes afin d’éviter une nouvelle crise.
Du côté iranien, le discours officiel se veut conciliant. Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a réaffirmé que son pays restait ouvert au dialogue. "Nous n’avons jamais renoncé à obtenir les droits du peuple iranien par la voie diplomatique", a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Reste à savoir si ces signaux suffiront à transformer les menaces et les médiations en un véritable processus de désescalade durable entre Washington et Téhéran.