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Donald Trump évoque la paix mais prépare les esprits à une possible guerre contre l’Iran
Le président semble davantage préparer l’opinion à un scénario militaire qu’à un compromis diplomatique, la probabilité que l’Iran cède sur ces trois dossiers paraissant faible

Quelques heures avant son discours sur l'état de l'Union, de hauts responsables du Congrès américain ont participé à un briefing confidentiel consacré à l’Iran, mené par le secrétaire d’État Marco Rubio et le directeur de la CIA John Ratcliffe. À leur sortie, plusieurs élus ont évoqué un moment "extrêmement grave pour le Moyen-Orient", estimant que le président devait exposer clairement la situation au peuple américain.
C’est ce qu’a fait Donald Trump dans un discours record de 107 minutes, le plus long jamais prononcé par un président américain devant le Congrès. Il y a détaillé les raisons qui pourraient, selon lui, conduire les États-Unis à une confrontation avec Téhéran : la répression meurtrière de manifestants en Iran, le développement de missiles capables d’atteindre le territoire américain et l’absence d’engagement explicite de l’Iran à renoncer à l’arme nucléaire.
Cette liste recoupe largement les priorités stratégiques d’Israël, puisqu’elle englobe la question nucléaire, les missiles balistiques et les réseaux régionaux soutenus par Téhéran. Pour certains observateurs, le président semble ainsi davantage préparer l’opinion à un scénario militaire qu’à un compromis diplomatique, d’autant que la probabilité que l’Iran cède simultanément sur ces trois dossiers paraît faible.
Pourtant, quelques heures avant le discours, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait affirmé publiquement que l’Iran ne cherchait pas à se doter de l’arme nucléaire. Pourquoi alors Donald Trump a-t-il affirmé le contraire ? Certains y voient un message implicite : seule une déclaration formelle et sans ambiguïté, émanant des plus hautes autorités iraniennes, pourrait être considérée comme suffisante pour désamorcer la crise. Malgré la fermeté affichée, le président américain continue d’affirmer privilégier une issue diplomatique.
En coulisses, Donald Trump aurait toutefois demandé à ses conseillers militaires d’élaborer un plan de frappe rapide, susceptible de se conclure en une seule nuit et d’éviter un enlisement. Le Pentagone peine à garantir un tel scénario, et des renforts militaires américains continuent d’être déployés dans la région.
Des responsables militaires préviennent qu’une attaque, même massive, pourrait ne pas rester limitée et risquerait d’entraîner une escalade prolongée. Des diplomates arabes auraient également averti Washington des risques d’un conflit durable.
La question demeure : le discours du président constituait-il une ultime main tendue à Téhéran ou la préparation d’une confrontation imminente ? La réponse pourrait intervenir dans les prochains jours.
